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Heure de Paris
A Lille, dans ch'Nord, on est aussi à l'heure d'hiver...
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Le deuxième matin, je suis réveillée par la musique grave des grosses cloches d'un convoi d'ânes, suivi de près par la voix de Samde... "Tea-tiiiiiiime!!" Pour bien commencer la journée, un petit-déj béton: un étonant et délicieux porridge à l'ananas, agrémenté des bientôt habituels cornflakes, omelette...
La ballade commence à 7h15. Au premier village, on remplit notre réservoir à eau de 3litres, nous voilà parés pour cette journée qui s'annonce encore fort chaude! L'aide cuistot qui trainait la patte hier nous semble plus vaillant, et il ira de plus en plus vite au fil des jours!! Nous suivons le lit de la rivière, ce qui procure un minimum de fraîcheur, une première pause dans un village (gurung) nous permet de "sympatiser" (cela consiste à échanger de nombreux sourires!!) avec des gosses qui jouent à un genre de marelle, en déplaçant avec le pied un caillou sur une grille dessinée dans la terre.

Robert fait de gros efforts pour retenir les noms de toute l'équipe (il les écrit même sur un bout de papier), et on se rendra compte plus tard que c'est un peu une cause perdue puisque jusqu'au dernier jour, il se trompera en prononçant le nom.... du guide!! (qu'on appelle en moyenne 20 fois par jour!!)
On trouve les villageois très beaux!
Après un pont suspendu de belle longueur (où quelques planches manquent à l'appel, mais rien de grave), on découvre un nouveau village où Lakpa nous offre un thé dans une gargotte. L'équipe de cuistots repart dès que nous arrivons.
Dans la gargotte, j'aperçois un tout petit garçonnet d'environ 5ans, attablé à côté d'un papy: tous deux fourragent de la main droite dans d'énoooormes assiettes de DalBat (riz et lentilles, le plat traditionnel népalais, je crois que je me répète, non?!), avant d'en enfourner de grosses poignées, le petit est tout mignon, avec sa petite casquette rouge et sa chemise à carreaux, il imite son grand-père à la perfection!
J'apprécie le thé servi à la népalaise: sucré et au lait, très chaud! Pendant ce temps, nos porteurs nous ont rejoints et posent leurs paquetages sur le muret prévu à cet effet. Les gros touristes que nous sommes décident alors de mesurer la chance qu'ils ont de se faire accompagner: je suis la première à demander la permission de soupeser un paquetage et de le porter comme eux l'espace d'un instant. Les photos de l'album prouvent que je l'ai fait... mais quel calvaire ils endurent!

Déjà, rien que la position de portage, elle est très humble, car elle oblige à regarder en permanence vers le sol, ils avancent effectivement tête baissée. Et puis la douleur, le poids... comment, pas plus de 35 Kg??! vous voulez rire, moi celui que j'ai porté 30 secondes, il pesait au bas mot 250 Kg, non? Et enfin, je reste encore aujourd'hui baba devant l'équilibre qu'ils ont: moi, à peine le paquet en charge, je titubais, il a fallu me pousser vers l'avant pour pas que je me retrouve les quatre fers en l'air, et je tanguais de droite à gauche comme un bateau dans la tempête!! Bref,tout cela a beaucoup fait rire les porteurs... et nous!

Là je prends un air dégagé, mais ça ne trompe personne: je n'en puis plus!!
Après cet interlude, il est temps de repartir, et tantôt on redescend vers la rivière, tantôt on remonte à flanc de vallée pour déboucher sur des ponts. après l'un d'eux, on croise un convoi d'ânes, qui parait-il n'emprunte pas les ponts: on nous explique que des hommes transportent leurs charges sur le pont et qu'un autre convoi les relaye ensuite. Je reste dubitative car il me semble bien avoir vu des ânes sur ces ponts, mais bon!
Nous croisons une iiiimmense cascade qui prend son élan au sommet d'une haute paroi pour venir exploser à nos pieds: c'est magnifique et les embruns sont délicieusement rafraichissants!!

Thib et Samde sortiront trempés de cette pose!!
Après cela, on quitte le lit de la rivière pour prendre un peu d'altitude, parce que, zut, finalement, on est pas là pour rigoler, nous!! Un dernier pont et c'est la pause repas, très attendue dans cette chaleur. Oh déception, la "bache-repas" est installée sur un bel espace plat... en plein soleil... Ma première préoccupation est donc de m'enquérir d'un chemin qui serpente jusqu'au torrent en contre-bas: j'y plonge avec délice mes jambes jusqu'à mi-cuisses, et reste ainsi, adossée à un rocher un long moment: j'attends désespérément d'avoir froid, ce qui arrive généralement assez vite dans pareilles circonstances sous nos latitudes: là, rien à faire!! J'aurais au moins les guibolles fraiches pour le repas!
Finalement, on mange à l'ombre sous l'auvent d'une gargotte: sauvés (de l'insolation!)!! Encore un délicieux repas de rouleaux de printemps à la mode Pinju, "épinards" locaux assaisonés, thon en boite, miam! On traine unpeu avant de repartir, le temps de laisser aller en avant tous les porteurs... et là, qui vois-je passer? Mon petit bonhomme à la casquette rouge de ce matin, dis donc! Avec son papy! Ils ont un sacré rythme, et on aura moult occasions de le vérifier!! Pendant qu'on traine sur un banc au bord du chemin, Robert, jamais à bout de bonnes idées, demande à Lakpa si il a des photos de sa femme et de ses quatre enfant dans son portefeuille; celui-ci hésite, puis sort un vieux portefeuille en cuir tout éculé, l'ouvre, farfouille dedans et en extirpe une photo: "my wife"... petit blanc dans la conversation... "Elle a l'air gentille", dis-je!! Bah oui, que dire quand on vous sort la photo d'une armoire à glace aussi large que haute, les bras croisés, renfrognée.... impossible de dire qu'elle est belle sans éclater de rire! Si au moins elle avait souri! Mais non, un de ces air revêche! Bref, il est temps de repartir!!
La portion de cet après-midi là est uniquement "ascensionelle" jusqu'au camp, environ deux heures plus haut; on s'élève au moyen d'interminables (et incroyables) marches: des fois, on se demande QUI a bien pu avoir l'idée de construire des marches dans des coins pareils!! On en gravira des centaines et des centaines durant ce trek! Dans la côte, on rattrappe le petit bonhomme courageux qui avance de bon coeur malgré la hauteur des marches. Il accepte cependant volontiers les mains qu'on lui prête à tour de rôle, et au bout desquelles il se pend facétieusement!

On fait tous une pause bien méritée à mi-hauteur... Encore de belles personnes, non?! On repart cette fois sans les attendre, ça monte, monte, monte... plutôt raide, mais le rythme est doux et les pauses régulières. On arrive en milieu d'après-midi au village de Mandre, perché à flanc de montagne, dominant majestueusement la vallée qu'on a parcourue aujourd'hui. On campe dans la cour de l'école, dont les bâtiments sont illico recyclés: une classe servira de cuisine, l'autre de salle à manger: deux bancs d'école face à face, recouverts de notre bâche bleue, font une table de réveillon, certains appréciant particulièrement de manger à table!
La fin d'aprèm est occupée au bilan de ces trois premières journées: une ampoule très sage au gros orteil droit pour moi (elle est là mais indolore, parfait!!), ras pour Thib. J'écris mon journal, me lave les cheveux et fais un peu de lessive au robinet du village, tandis que Thib et Robert vont boire une bière et plaisanteront avec les porteurs dans l'unique ""taverne"" du bled, grâce à Samde, l'assistant-interprète! Puis ils reviendrons tous profiter des dernières lueurs sur les sommets enneigés à droite, et sur la vallée, sillonée par sa rivière tout là-bas, en bas, une vue somptueuse et apaisante sur le crépuscule... un croissant de lune qui apparait...

L'heure du repas approche, et nous allons de surprises en surprises: au menu, soupe ail-gingembre avec pop-corn, des pates avec une sauce maison délicieuse, du choux-fleur,et.... une tarte!! Une tarte à la banane, en pleine montagne, avec un réchaud à pétrole et trois gamelles en alu!!! Ils sont fous ces sherpas!!
Ce soir là je réalise que c'est la première fois de ma vie que je fais une rando aussi longue (trois jours!!).... mais surtout, je réalise qu'il reste encore SEIZE jours de marche! Ca me semble complètement démesuré. Avec la richesse de ces trois premiers jours, on pourrait en être à mi-parcours que je serais moins étonnée!
Je vous souhaite à tous un très très joyeux Noël, la suite de nos émotions rapidement, promis!
Am
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Publié à 10:40, le 24/12/2008, Mots clefs : |
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Ca faisait longtemps qu'on attendait ça, une bonne nouvelle!!
Alors, du coup je veux la partager avec vous, un peu parce que ça a trait au voyage, et un peu pour vous montrer que nous fréquentons toujours le blog, qu'on guette vos commentaires.... Malheureusement, nous courons toujours après le temps et écrire sur le trek demande de se replonger un peu dans l'atmosphère, donc c'est dur de s'y mettre 5 minutes entre la poire et le fromage! Mais j'y pense chaque jour et au pire du pire, si je ne peux d'ici là, je m'y attacherai durant les vacances de noël, promis juré!
Bien, et cette bonne nouvelle alors??
Bah figurez vous que nous avons reçu aujourd'hui (chez le papa de Thibault) un des trois colis que nous nous étions envoyés depuis l'autre bout du monde... il était temps!! Rappelez -vous.... "Fiji time": ce colis, nous l'avions posté vers le 5-6 juillet 2008 de Nadi, aux iles Fiji, et nous avions choisi un transport par bateau, bien moins cher que l'avion. Le colis devait mettre 3 à 4 mois à rallier la France... le voici, 5 mois plus tard!!! Même si nous n'avons pas encore vu ce qu'il contenait, je crois que rien que de revoir la boite pourrait nous donner les larmes aux yeux! On y croyait plus vraiment mais un peu quand même!
Vogue encore quelque part dans le monde un troisième colis (nous avions déjà reçu, et ce contre toute attente, un premier colis, posté ... du Laos!!) posté du Vietnam. Celui ci devrait être arrivé depuis belle belle lurette, donc on a fait le deuil des masques balinais qu'on lui avait confié... dommage!
Merci d'être encore à nos côtés!
Am
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Publié à 09:17, le 6/12/2008, Mots clefs : |
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Vous nous aviez laissés lourdement endormis, pas vrai? Appréhendant comme nous que nous ne dormions aussi mal que lors du trek sur le volcan Rinjani? Bravo, c'est que vous nous avez suivis avec attention!
Mais, Oh joie, nous avons dormi comme deux innocents nourrissons, d'un sommeil profond et réparateur jusqu'au lendemain! Nous nous réveillons quelques minutes avant le premier thé baptisé "wake-up tea", thé du réveil. C'est le peti Lakpa qui pointe sa frimousse enfantine à la porte de la tente, accompagné de Samde l'assistant guide. "Tea, sugar? " Euh, oui, mais un seul thé, hein, car mon chéri n'a pas encore tout à fait ouvert les yeux... et quand bien même, il déteeeeeeeste le thé, et il nous le fera savoir, pendant 19 jours!!
A force de lui dire qu'en altitude, il faudra qu'il se force à en boire, il promet d'en boire une PETITE tasse au dessus de 3000m!
Le wake-up tea, c'est à 6 heures du mat, et c'est vraiment le point de départ de la journée. Dès qu'on est servis, nous devons commencer à ranger notre petit bazar, que malgré des précautions renouvelées chaque soir, nous avons toutes les nuits étalé dans la tente!! A commencer par les sacs de couchage, (bien trop chauds pour cette altitude, on dort dessus!), les matelas auto-gonflants, mais du coup pas du tout auto-dégonflants, y'a intérêt à "quicher" dessus pour qu'ils rentrent dans leurs pochette: c'est Thib qui se débrouille le mieux, alors il rangera les deux pendant tout le trek! Et puis les fringues, ma petite polaire qui me sert d'oreiller, nos sandales d'après-marche, les trousses de toilette,bla bla bla, je vais pas vous faire tout le contenu!!
Vers 6h15, Damart dépose devant les tentes des écuelles en Alu remplies d'eau tiède en criant "washing waterlrlrlrlrl!": de quoi se débarbouiller le museau! Il est prévu que nous émergions de nos tentes avec nos sacs prêts à charger (c'est à dire dans leurs sursacs imper bleus de l'agence) vers 6h30-6h45, heure à laquelle le petit déjeuner nous est servi sur une bâche bleue, au soleil si possible, c'est la seule heure où nous l'apprécions sous ces latitudes!
Ce premier jour, les canadiens nous devancent, ils sont dehors les premiers; même si tout le monde s'en fout, je me promet d'être plus efficace le lendemain matin!! Dès que nous avons quitté les tentes, les porteurs qui en sont chargés les démontent en deux minutes, les rangent, les matelas en mousse sont roulés en un grooooos rouleau, et à peine quelques minutes plus tard, il ne reste de notre camp que la bâche où nous déjeunons, les quatre cuistots et leur matos et les guides: les porteurs partent le plus vite possible, pour marcher à la fraiche.
Petit déj de rois: boisson chaude au choix, un morceau d'omelette, des pancakes à la banane à volonté, miel, confiture, muesli... miam, on s'en met plein la panse! Dès qu'on a fini, vaisselle rapide, en deux temps, trois mouvements, toute la vaisselle, les réchauds, le pétrole sont emballés. Nous commençons à marcher à 7h30 (eh oui, c'est tôt quand même, hein!! Mais on s'en rend pas trop compte car ici, la vie a commencé depuis longtemps et il fait largement jour).
La journée commence par une longue descente entre de magnifiques rizières terrassées, tout en marches de pierres particulièrement glissantes, vive la patinette pour ceux qui admirent un peu trop le paysage!! Les cuistots qu'on avait laissés un peu en arrière nous rattrapent au bout de 500 m, on ne les reverra quasi qu'au repas!!
Robert demande à Samde, qui marche avec nous, de nous apprendre une chanson Népalaise, et c'est dans une joyeuse cacophonie que nous perdons rapidement de l'altitude! On croise beaucoup, beaucoup de népalais en habit de fête et en famille, qui viennent des grandes villes où ils travaillent et vont marcher de une à quatre, cinq journées pour rejoindre leur village natal et fêter dignement en famille les fêtes de Dassain (nouvel an népalais, fête nationale qui paralyse plus ou moins le pays pendant 10 à 15 jours chaque année.) Mais on en croise aussi pas mal en habit plus commun, vacant à leurs tâches quotidiennes aux champs ou à la maison.
On s'arrête dans la matinée dans un village pour boire un thé, ce qui distrait beaucoup les enfants des lieux!! La plupart des maisons sont "en dur", recouvertes d'une sorte d'argile ocre parfaitement lissée, qui donne l'impression que les murs sont en continuité avec le sol. On fait des pauses courtes et régulières, le rythme est tranquille.
Après avoir traversé à gué le fond de la vallée, on remonte tout doux tout doux de l'autre côté, et bientôt, un premier pont suspendu apparait: ç'en est fini des gués, et Hélène commence à paniquer. Lakpa reste serein,ce n'est pas la première fois qu'il gère ce genre de situation manifestement! Hélène traverse donc fermement agrippée à son sac d'une main, lui broyant la main droite avec l'autre! Mais elle y arrive, au prix d'une fameuse dépense énergétique de stress!!
Vers 11h30, on découvre notre équipe de cuistots installés tranquillement au bord de la rivière, en train de s'activer pour le lunch. Nous les rejoignons en contre-bas du chemin; malheureusement, la place est en plein soleil, c'est le seul bémol. Nous plongeons avec délices nos pieds nus dans l'eau fraiche, tout le monde fait rincette car la marche est suante sous ce beau soleil. Thib lave ma chemise en soie que je remet direct, en 15 min elle sera sèche: Hélène est illico convaincue qu'elle doit s'en trouver une pour son prochain voyage!! On nous sert une délicieuse citronnade... chaude!! Bah oui, ils ne peuvent pas nous servir de boissons fraiches en raison du risque! (bactério-viro-parasitologique!!)
Trois gamines nous tournent autour, elles resteront là à nous observer toute la durée de notre repas; ce dernier est par ailleurs très réussi, ces messieurs nous ont fait... des frites, tout simplement!! Avec ça, des petits sandwiches au fromage, le tout à volonté, et une pomme toute épluchée et coupée au dessert! L'équipe mange après nous, chacun une de ces énoooooormes platrées de riz qu'ils mangent à la main et qu'eux seuls savent avaler à une telle vitesse!
La station en plein soleil se fait longue et nous sommes contents de repartir pour quelques heures de marche! Nous longeons de plus ou moins près le cours de la rivière, c'est un paysage de plaines, de rizières, dans ce fond de vallée plutôt large.
Un des aides cuistot n'est pas au top de sa forme, il traine la patte, reste en arrière, est plutôt essoufflé, en sueur (enfin, encore plus que nous, quoi!!). C'est petit-Lakpa, celui qui a une tête de poupon: à la pause,on essaie de se rendre utiles: on demande ce qu'il en est, si il a mal quelque part, si il veut du Paracétamol, ou bien qu'on lui achète à boire: on pense qu'il est un peu déshydraté. Mais le guide, qui se fait interprète-intermédiaire, nous assure que tout va bien, qu'il ne faut pas nous inquiéter, qu'il est juste un peu fatigué... On se dit aïe aïe aïe, le pauvre, ce n'est que le deuxième jour!! En même temps, on commence à discerner un trait de caractère de notre guide qui se confirmera par la suite: il n'aime pas trop qu'on se soucie pour les porteurs, dans le sens où, si on se fait du souci, c'est que nous ne sommes pas parfaitement détendus, et on est pas là pour être inquiets!! Du coup,il nous tient au max à l'écart des menus incidents de parcours. Finalement, il semble que le petit Lakpa a juste trainé à se réadapter à l'effort: comme pour la plupart des porteurs, c'est son premier trek de la saison après la pause estivale imposée par la mousson.
Plus loin, alors que l'après-midi est bien avancé, nous rejoignons deux porteurs en pause alors que nous marchons avec Samde l'assistant; Comme nous les dépassons, les porteurs expliquent à Samde qu'il serait bien qu'ils restent devant, et non derrière nous!
Du coup, on s'assied sur des murets pour leur laisser un peu d'avance! Comme nous sommes assis aux abords d'une ou deux maison, une fillette en t-shirt rose et jupe noire s'approche assez rapidement, accompagnée de ses 2 petites soeurs. Elles ont entre 8 et 15 ans, et la grande a appris quelques mots d'anglais à l'école. C'est donc une grande conversation qui s'engage sur une base de mother, father, sister et compagnie, des chiffres.... et surtout des gestes!!! On rigole bien en tous cas, et on communique sans ou presque l'aide de Samde! Et puis, petit à petit, on se rend compte qu'un petit groupe s'est formé autour de nous, des enfants d'abord puis des femmes, enroulées dans leurs larges saris ou autres pièces de tissus multicolores, avec de lourds bijoux en or très ouvragés autour du cou, dans le nez et les oreilles. Elles proposent vaguement de venir danser pour nous au camp le soir, et puis de fil en aiguille, à force de plaisanter avec ma copine au t-shirt rose, le groupe pousse les plus jeunes gamines au milieu du cercle que nous formons et les "oblige" à danser, en riant et en chantant. Nous tapons des mains, essayons de reprendre avec elles les mélodies entonnées!! Les petites, au milieu, nous font une très jolie démonstration, avec des mouvements très aboutis pour leur âge, tout en se cachant timidement le visage entre leurs mains!! Après, on danse un peu avec elles.... Un moment magnifique!
Nous nous remettons pourtant en route, et le groupe nous adresse de longs signes de main, tandis que quelques gosses nous suivent en riant, gesticulant et criant "Namasté, Namasté" inlassablement...
20 minutes après, nous rejoignons le reste de l'équipe qui a déjà installé le camp un peu en contrebas, auprès de la rivière, en dehors d'un village: nous serons entre nous, tranquillou!!
Il est presque 17h, la journée a été longue, extrêmement remplie, mais surtout très chaude: heureux de camper près de la rivière!! Du coup, ni une ni deux, je plonge sous la tente et ressors en paréo: c'est l'heure du premier bain!! C'est avec délectation que je me plooooooooooooonge dans la rivière fraiche, attention, il ne faut pas trop s'écarter du bord, le courant est drôlement fort, je le découvre à mes dépens en me retrouvant les fesses sur les roches moussus!
Mais la séance m'est extrêmement profitable... tout comme elle l'est sûrement pour ce convoyeur de mules sur le chemin que nous avons quitté un peu plus haut: il se planque derrière un maigre buisson, (avec son t-shirt rouge...!)pour s'assurer que les occidentales se lavent de la même façon que les népalaises, que l'on voit souvent se laver, aux fontaines et lavoirs des villages!! Je précise aux esprit suspicieux que bien entendu, j'avais gardé mon paréo!!
Du coup, c'est avec une délicieuse fraicheur que je me présente pour "tea-time": tout le monde décide d'en faire autant!!
Pendant le moment de détente avant le repas, lecture, écriture, lessive, lorsque, soudain, des joyeuses petites voix font irruption dans le camp: les gosses rencontrées précédemment nous ont retrouvées!! Elles sont toutes joyeuses, re-dansent un peu pour nous, puis s'ensuit une mémorable séance de vocalises: Hélène a décidé, déformation professionnelle, d'examiner la dentition de ces demoiselles, et pour leur faire ouvrir bien grand la bouche, elle leur montre à grand renfort de AAAAAAAAAAAAAAAAHAHAAHAHAAAAAA... repris avec entrain par les fillettes! C'est assez cocasse! Conclusion, c'est bourré de caries, bien-sûr!!
La nuit est tombée, il va être temps pour nous de manger, et nos nouvelles amies s'enfuient dans la nuit en riant et "Namastant" à qui mieux-mieux!! On se fait un bon petit repas, et quand nous quittons la tente repas, un spectacle magnifique nous attend: un ciel infiniment étoilé, des dizaines et des dizaines de lucioles sillonnent les airs, si bien qu'on a réellement l'impression qu'il pleut des étoiles.... Le ronflement de la rivière se mêle à la mélodie des grillons; là-bas, un peu plus loin, le feu de camp des porteurs danse dans la nuit, tandis que les voix des cuisiniers nous parviennent depuis la tente cuisine où ils dînent ou terminent la vaisselle.... Ce soir encore, nous nous couchons fourbus d'une saine fatigue, sereins dans cette féérie...
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Publié à 08:02, le 15/11/2008, Lille Mots clefs : |
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Ouh le choc!
Nous sommes rentres...
Tout le monde le sait, mais nous avons besoin de realiser un peu les choses...
Vraiment pas rigolo de retrouver le gris, le crachin, la crise econotruc, les passants tous habilles en couleurs sobres et sombres qui font la tronche, les claviers d'ordi ou les A et les Q sont inversés, les cartes bancaires, le changement d'heure, les cambriolages et.... l'administration francaise: BIENVENUUUUE!!
Bienvenue dans notre monde moderne et aseptisé, et surtout tout plein de règles que les gens respectent de façon hallucinante, surtout le code de la route... si si, croyez-nous!
Bref, le cafard nous guette, même si on a été bien occupés par la recherche de notre nouvel appart, l'inscription a la fac (chouette, on est encore étudiants!), la gestion de nos finances (urssaf, impots, aie aie aie, ils ont pas pris de vacances, eux!), le renouvellement de notre licence de remplacement de médecin (faut bien renflouer le tas de billets sous le matelas, c'est pas le tout de se la couler douce a l'autre bout du monde!), les copains qui commencent a savoir qu'on est rentrés et qu'on planque notre cafard discretement chez Clemence (OK, ça, c'est plutôt du positif!).
Et puis, voilà, ça y est, on a topé-là pour un appart, waow, felicitations! Du coup, les prochaines etapes, c'est 256 changements d'adresse a effectuer, et puis un petit emmenagement!
Alors... excitant, notre nouvelle vie, non?! Aller, venez un peu vous évader une dernière fois avec nous sur les pentes de l'Himalaya, qu'on puisse rêver... mais ensemble, cette fois-ci!
Ah, voilà, ça commence bien, je me remémore ces 19 jours de bonheur et je sens un vide dans ma poitrine tandis que les larmes me montent aux yeux! Il faut dire que ce trek a été une tranche de vie d'une beauté et d'une intensité rarement égalées dans nos 56 premières années réunies...
Pour commencer, la logistique: nous étions comme prévu 4 marcheurs, et nous avons eu la chance de très bien nous entendre avec le couple québécois (Robert et Helene) qui nous accompagnait; chose importante, ils avaient à peu près le même rythme de marche que nous et la même pêche... ce qui nous a rendu un peu envieux: en effet, a 47 et 65 ans, on aimerait bien avoir leur énergie!
Je tiens a vous présenter également l'équipe népalaise, le "staff" comme ils s'auto-désignaient, notre "petite famille", comme nous en parlions!
D'abord, Lakpa, notre guide (à droite sur la photo ci-dessous), souriant et blagueur, mais aussi discret, très prévenant et attentif à notre bien-être. S'il parlait un anglais parfois insuffisant, il était en revanche une mine sur la région, la culture des différentes ethnies, les religions, les us et coutumes... et pour répondre à une préoccupation bien occidentale: le nom et la hauteur de tous les sommets qu'on pouvait lui désigner! Son rôle est avant tout la gestion de toute l'équipe (13 personnes): qui fait quoi, où et comment on installe le camp, paiement des droits de passages, des entrées dans les parcs nationaux, de certains terrains de campement, et simultanément de nous "guider", c'est à dire marcher avec nous alors que le reste de l'équipe est le plus souvent éparpillée devant ou derrière, nous aider dans des passages moins aisés (gués, passages étroits, voire ponts suspendus pour Hélène qui, la malheureuse, a le vertige!)

Comme il n'est pas ubiquitaire, Lakpa se faisait aider par l'assistant-guide Samdé (à gauche ci-dessus, du coup!), un jeune de 20 ans, un peu poupin, qui a la chance de pouvoir faire des études (dans un pays où l'illetrisme atteint 50 à 75 % selon les sources, c'est un privilège): il participe au trek un peu comme un "boulot d'été" pour financer son année à l'alliance française de Kathmandu où il apprend le français. Il veut travailler dans le tourisme plus tard... en voilà un qui a tout compris! Ses principales qualités sont sa bonne humeur, sa maitrise de l'anglais, et sa très grande motivation pour apprendre le français! Il nous demandait chaque jour des nouveaux mots, des tournures, comment on fait le passé composé ou comment on lit l'heure, et le lendemain, il pratiquait tout ce qu'il avait appris!
Après, notre formidable équipe de cuisiniers, qui a réussi la prouesse de nous surprendre et de nous régaler les papilles et les rétines tout au long du séjour, pour finir en apothéose le dernier jour. Le tout avec des ingrédients très basiques, le plus souvent farine, oeuf, patates, riz, et quelques boites de conserves, ainsi que des légumes achetés par-ci par-là dans des villages ou carrément des plantes cueillies au bord des chemins! Ils nous ont fait découvrir de nombreuses spécialités népalaises et tibétaines, utilisant tous les modes de cuisson imaginables, allant même jusqu'à fabriquer des fours avec un système de cailloux brûlants pour nous faire des pizzas ou des gâteaux!!
Ils cuisinaient le plus souvent sur des réchauds à pétrole (des 10zaines de litres a transporter!), de temps à autres sur un feu de bois mais rarement.
Le Chef, c'était Pinju, un jeune homme tranquille de 27 ans, souriant et créatif, et surtout très attentif à la présentation des mets, allant jusqu'à ciseler chaque jour le bord de la petite serviette en papier sous les gâteaux secs du gouter!!

Son assistant était Dalah, un bonhomme extrêmement souriant et prévenant.
 
Et puis la main-d'oeuvre vaisselle, épluchage, service etc était assurée par "petit Lakpa", une vraie tête de gosse et Damart (pas thermolactile), un grand maigre à la tronche en travers mais adorable aussi, avec ses cinq mots d'anglais 1/2 appris par coeur, pour nous annoncer " lunch ready" ou hurler en mâchonnant "washing water" le matin, en déposant une écuelle d'eau plus ou moins chaude selon l'altitude! (il détestait parler anglais, mais notre guide le forçait à nous prévenir pour l'eau de la toilette du matin afin que nous ne découvrions pas une eau froide en sortant plus tard de la tente!)
Et puis, enfin, nos sept porteurs, dont deux nous ont quittés après quelques jours pour aller fêter Dassain dans leurs familles. Dassain, c'est une des plus importantes fêtes religieuses Hindoues au Népal, elle dure 10 jours et est l'équivalent des fêtes de fin d'année chez nous. Elle revêt tant d'importance qu'il est parfois difficile de trouver des porteurs à cette période de l'année: même si les gens n'ont pas de travail, pas d'argent pour manger ou se privent toute l'année, Dassain c'est sacré, il faut le fêter! A grand renfort de sacrifices d'animaux, d'ailleurs! Du coup, les cinq restant ont connu quelques mauvaises journées avant que les voraces occidentaux éclusent suffisamment de nourriture et de pétrole pour alléger leurs fardeaux!
Ils portent nos affaires personnelles (sauf notre "nécessaire de journée"), dans la limite de 12 Kg par personne environ. Un porteur porte 2 sacs, une tente et ses affaires personnelles (loin d'atteindre 12Kg... ) au minimum, mais là, ils portaient soit une tente en plus, soit les matelas... théoriquement, le poids qu'ils portent ne doit pas dépasser 35Kg, et ils parait qu'ils sont très sensibles à des variations de poids d'un seul kilo! Ils portent sur le dos, souvent dans des paniers tressés style osier, qu'ils tiennent par une sangle qui passe derrière leur charge et repose sur le dessus de leurs têtes. Du coup, la position de portage est très humble, totalement courbés en avant. Je n'ai personnellement pas réussi à m'habituer à les voir ainsi porter si lourd dans des chemins si difficiles parfois.... je leur voue beaucoup d'admiration.
Ils portent en outre
- les tentes: une par couple (des trois places, on était bien à l'aise avec nos sacs), une plus petite pour le guide et son assistant, une tente-repas, pour le thé de 16h et le dîner, une tente-cuisine qui a été montée lorsqu'on s'arrêtait hors des village, puisque sinon ils bénéficiaient en général d'un petit local-cuisine, et une confortable tente-toilettes!! Celle-ci, monoplace (!), est un genre de mini-chapiteau du volume d'une cabine d'essayage, qui est montée pour ces messieurs-dames autour d'un trou creusé dans le sol: la terre sortie du trou sert de "chasse d'eau"! En général, on préférait largement avoir notre petite tente-toilettes, car les toilettes en dur des terrains de camping dégagaient, même propres, une telle puanteur qu'elle nous enveloppait pendant 15 min après chaque passage (témoignage des camarades faisant foi!!)
- Les matelas
- Les provisions de nourriture pour 10 personnes (les marcheurs, les guides, les cuistots) pendant 19 jours, le pétrole, les deux réchauds et une impressionnante batterie de cuisine en aluminium!
Si les cuisiniers dorment dans leur cuisine improvisée, les porteurs doivent payer de leur poche leur gîte et leur couvert. Dans les villages du "bas", ils logent en général dans des guest-houses minables à 25 Rp la nuit , mangent deux fois par jour du Dal-bat à volonté (LE plat national et pas cher: riz et lentilles, simple et qui tient au corps... mais garanti sans prise de poids: ils sont tous secs comme des triques...) a 75 Rp le repas... leur salaire est cette année de 500 Rp par jour, soit 5 euros. En comptant que 4 sur les 5 aimaient bien s'envoyer quelques Roxy (alcool de riz) derrière la glotte le soir venu... on s'est parfois demande quelle somme revenait à la maison à la fin du trek... Quand on ne dort pas dans un village, ils dorment en vrac quelque part, dans la tente repas, par exemple, et ils ramassent du bois pour faire un petit feu et se cuisiner du riz, avec des lentilles ou un curry de patates et beaucoup de piment rouge!
Nous avons vraiment appris à nous connaître mutuellement et nos relations avec eux ont beaucoup évolué au long du trek: de notre côté, on s'est familiarisés avec eux, et eux se sont grandement détendus avec nous. Au début, ils étaient polis et distants, à la fin, ils s'installaient près de nous, se marraient et partageaient avec nous par gestes leurs motifs d'hilarité!
Il y avait donc Sanou (signifie petit en Népali, il portait bien son nom!) , mon chouchou, plutôt timide, un petit minois sur la foi duquel on lui aurait donné 15 ans1/2, mais en fait 23 ans environ, marié, deux enfants! Portait toujours sans broncher, même les journées où le départ de deux d'entre eux avait sérieusement alourdi leurs charges....
Ensuite, Arjun, un grand tout maigre, extrêmement gentil et souriant, qui avait l'incroyable capacité de sourire encore plus quand il avait un petit coup dans le nez!
Prim était plutôt le bougon de l'affaire, répondant rarement à nos joyeux "namasté" quand on se rattrapait sur le chemin, souriant peu, limite hautain parfois. Par contre, il s'est drôlement déridé sur la fin, il avait du comprendre qu'on était pas des mauvais bougres de touristes, finalement!!
Schuman, également souriant, jeunot mais très efficace, arrivant souvent le ou un des premiers, plutôt avare de paroles, mais surement pas d'un petit signe de la tête très particulier (il la penchait sur le côté brievement, en haussant les sourcils, ce qui signifiait à peu près tout!!) que nous reproduisons aujourd'hui souvent, Thib et moi!!
Et enfin, Mothé... tout un poëme, Mothé! Une quarantaine d'années, alcoolo sur les bords, marié à une ou plusieurs femmes(on a pas réussi à démêler le faux du vrai!!) et un peu tire-au-flanc! Il arrivait toujours bon dernier longtemps après les autres, et on a même vu Schuman aller chercher son paquet tellement il avait pris de retard! On n'a jamais pu déterminer avec certitude si il était seulement fainéant, ou aussi "affaibli" par l'âge et l'alcool.
Chaque membre de l'équipe était attachant à sa manière, et nous avons eu beaucoup de mal à les quitter!
L'aventure a commencé au petit matin du mardi 30 septembre: rendez-vous 6h30 avec le minibus qui doit nous récupérer. Nos sacs sont bouclés, pas bourrés, l'excitation commence à monter, on embrasse bien fort Maryline avant de s'engouffrer dans le taxi qu'elle est allée nous chercher. Je repasse dans ma tête le contenu supposé de nos sacs, demande a Thib : "As-tu ceci, cela..." à priori, nous avons tout! (ce qui se confirmera par la suite, sauf pour les clefs de la maison!). Nous attendons 1/4h au point de rendez-vous, on commence à se dire qu'on comprend mieux pourquoi Alex, de l'agence de trek, nous a filé une carte avec les numéros à appeler "en cas de souci"!! Et puis, soudain, un minibus s'arrête à notre hauteur, des têtes plutôt souriantes se collent aux fenêtres, la porte latérale s'ouvre sur le sourire éclatant de Lakpa qui saute du véhicule et saisit nos sacs: c'est parti!!
On grimpe et balance quelques "Namasté" à la compagnie, l'équipe nous regarde avec curiosité, je me souviens particulièrement de Sanou, l'un des porteurs, qui a les cheveux mi-longs et un visage fin: sur le coup, j'hésite à me décider: homme ou femme?! Deux places nous sont réservées, on s'installe, on passe chercher les canadiens à leur hotel: ils ont 15 min de retard depuis deux jours car personne ne leur a signalé le 1/4 d'heure de décalage horaire entre l'Inde et le Népal!!
Un arrêt essence, un arrêt gonflage des pneus, un autre pour récupérer la deuxième moitié de l'équipe qui demeure un peu en dehors de kathmandu-centre, et enfin, on décolle pour de bon. Au bout de 20 min de route de montagne sinueuse et très très empruntée (notamment par des bus bondés de citadins qui rentrent dans leurs campagnes pour Dassain), toute l'équipe pionce comme un seul homme! Nous longeons plusieurs heures durant les gorges (parfois dangereusement étroites!) de la rivière Buri Gandaki.
Un arrêt pipi, la perte d'un carton théoriquement attaché au toit animent le voyage. Vers 10h30, nouvel arrêt dans une sorte de gare routière très animée, Lakpa se tourne vers nous et nous gratifie d'une de ses quelques connaissances en français: "Manger"! "Déjà!", pensons nous??! Mais bon, ne nous plaignons pas, on ne sait quand aura lieu le prochain repas, et finalement nous y faisons tous honneur! La gargote où nous sommes arrêtés sert le fameux "Dal bat" (lentilles et riz) à volonté, avec légumes et poulet. C'est à cette occasion que l'on découvre la quantité proprement hallucinante de riz que les népalais peuvent ingurgiter.... et ce en un temps naturellement record!!
On repart pour une heure environ, jusqu'à Gorka: là ça monte sec et puis, enfin, on s'arrête, en deux minutes, le toit du bus est débarrassé, moi je mets en boite un marchand de couleurs. Lakpa nous demande si nous sommes d'accord pour commencer à marcher avec son assistant pendant que lui s'occupe de répartir équitablement les charges entre tous les porteurs. Et nous voilà en route! Il fait chaud, ce début est déjà bien abrupt, sous la forme d'un loooong escalier qui nous mène à un temple exceptionnellement ouvert puisqu'il ne l'est qu'à l'occasion de Dassain! J'ai le souffle un peu trop court à mon goût, un petit mal de tête qui pointe son nez: mauvais augure, tout ça! On dégouline de sueur, on a rapidement ôté les jambes de nos pantalons-short!
Visite du temple, et découverte de premiers sommets enneigés sur l'horizon... En redescendant de l'autre côté (oui voui, c'est la fatale règle des montagnes: tu montes, faudra bien redescendre!!), on découvre de magnifiques paysages de rizière (eh oui,encore!) en terrasse, il fait beau, c'est superbe... la marche de ce premier jour est assez brève, tout juste une ou deux heures.
Rapidement on arrive au premier camp, dressé dans une cour d'école. Les enfants de ce village seront particulièrement envahissants par rapport aux villages ultérieurs. De plus on a la chance de faire la connaissance du débilou-alcoolo du village, qui tombera littéralement "en amour" avec Robert, et qui de ce fait passera une heure dans la tente toilette pour désherber, aplanir, bref, en faire des toilettes de luxe, quoi! Merci Robert!
Nous découvrons nos tentes, bleues et spacieuses, où nous posons nos sacs avant de ressortir rapidement, il y fait une chaleur de haut-fourneau! On observe un peu toute notre petite équipe s'agiter, pour l'instant nous n'avons été présentés qu'aux deux guides. C'est un des rares endroits où toutes les tentes sont montées, les cuistots sont depuis longtemps installés dans leur tente-cuisine, à préparer, nous le comprendrons plus tard, le thé de 16h. Bientôt, Lakpa nous appelle pour ce dernier: au choix, chocolat au lait, café, thé, petits gâteaux... waow! La classe! En bref, on découvre petit à petit les rituels journaliers des treks Himalayens! Nous sommes également présentés à l'équipe des cuisines, et Lakpa discute enfin un peu avec nous, son age, ses enfants, les treks qu'il aime (tous!!)...
Ensuite, quartier libre jusqu'au dîner: on se repose (après cette journée harassante!), lit, écrit, visite les alentours selon les goûts. Ca s'active en cuisine, les porteurs ont disparu. Dès que nous nous éloignons un peu des tentes, Lakpa ou Samde pointent leurs nez pour surveiller nos affaires: nous sommes vraiment tranquilles!
Les enfants du village sont à peine un peu trop présents et bruyants pour nous laisser savourer la beauté tranquille du lieu, un mini-plateau surplombant deux vallées sculptées de rizières, vue au loin sur des sommets enneigés, un beau coucher de soleil...
Et puis, avec une ponctualité désarmante, 18h30, "Soup tiiiime!" Lorsque nous pénétrons sous la tente repas, le couvert est mis, à même une bâche sur le sol, et une marmite fumante nous attend, accompagnée d'un plat de beignets de crevette... miam! A partir de ce jour, chaque soir, nous aurons une délicieuse soupe, toujours différente, accompagnée de crackers, de pop corn, de beignets divers... Lakpa prend toujours un bol de soupe avec nous, qui en profitons pour apprendre quelques mots épars de népalais: Tarkari, les légumes, Thizza, c'est bon, Dal, les lentilles, Bhat, le riz, Danievat, merci...! Ensuite, vient le vrai repas, auquel Lakpa assiste sans partager avec nous: il mange après, avec les cuistots. Un thé conclue agréablement (sauf pour Thibault!!) ce premier dîner, et nous ne tardons pas à rejoindre nos appartements grand confort: deux matelas chacun, des duvets douillets bien trop chauds pour cette altitude... nous nous endormons rapidement, heureux et confiants après cette prise de contact: on sait dorénavant que les conditions de trek seront excellentes, les paysages sont prometteurs, la nourriture délicieuse, nos compagnons agréables...rrrrrrrrroooooooooooonnnnnnnnnn....
Je sais, je sais, je détaille trop!! Devant la demande pressante et le manque de temps de mon côté, je décide de vous livrer ce petit début de récit, adoptant ainsi le principe des épisodes! Aïe, je ne sais pas si ça va plaire! Mais au moins, voici de quoi vous familiariser avec le contexte, la suite viendra le plus vite possible!
Autre chose, toutes les photos du trek sont en ligne, seulement... nous n'avons pas encore eu le temps de les commenter: je vous déconseille personnellement de les regarder sans commentaire, mais... je ne peux empêcher personne!! Seulement, c'est un peu dommage, parce que vu qu'il y en a une centaine environ, ceux qui arriveront à se les taper toutes n'auront pas le courage de les regarder une deuxième fois, et certaines n'ont pas vraiment d'intérêt sans commentaire!!
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Publié à 09:13, le 4/11/2008, Lille... Mots clefs : |
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Ce blog est loin, bien loin d'être éteint, nous avons encore des dizaines de choses à vous faire partager, des tout plein de photos à vous montrer... seulement, il faut vous montrer un tout petit peu patients, car nos aventures de retour sont ma foi fort prenantes!! Je vous promets le plus vite possible un article sur le trek, il est d'ailleurs déjà commencé... haha, suspense!
Mais, s'il vous plait, ne partez pas, restez encore un peu avec nous sur cet espace virtuel, on a plus que jamais besoin de vous... pour réussir notre retour, cette fois!
Gros bisous, Thib et Am
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Publié à 11:18, le 29/10/2008, Lille Mots clefs : |
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BRAVOOOOOOOOO!!!
Bravo a vous toutes et tous pour votre perseverance, votre courage, votre tenacite... je pense qu'il vous en a fallu beaucoup plus pour patienter gentiment qu'a nous pour vivre les 19 jours de cette ... qu'employer... extraordinaire, peut-etre, mais a son sens litteral, alors, oui, EXTRAORDINAIRE aventure HUMAINE, SPORTIVE et GASTRONOMIQUE (!) qui vient de s'achever il y a quelques heures avec un vrai pincement au coeur. Nous sommes tous deux, comme suppute par Tontonguy et le proverbe, rentres sains et saufs, en excellente forme, et luxueusement epargnes pendant cette interminaaaaable periode, MamanS, de tous les divers petits maux redoutes (ampoules, courbatures, douleurs multiples et lancinantes...meme mes rotules ont ete a peu pres sages!)
Je ne sais si nous parviendrons un jour, l'un ou l'autre, a vous faire partager ne serait-ce qu'une petite partie de l'intensite de ce que nous avons vecu, mais nous essaierons soyez-en surs...
Il parait qu'un avion veut nous emmener des demain vers de nouvelles aventures, nous ne pouvons donc malheureusement pas passer plus de temps avec vous dans l'immediat, mais... tout vient a point a qui sait attendre, puisqu'il parait qu'il faut decorer de quelques dictons nos modestes proses!
Nous volons demain vers Delhi ou nous dormirons une nuit avant de faire le grand bond qui nous rapprochera tant de vous... le 20 au soir, nous dormirons donc a Paris!
Nous vous aimons particulierement tres fort, merci de nous avoir portes par tant de pensees, soyez certains que nous avons aussi souvent pense a chacun d'entre vous, tellement ce qu'on vivait meritait d'etre partage...
Chaleureuses embrassades
Am
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Publié à 11:27, le 18/10/2008, Katmandou Mots clefs : |
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Petite remarque preliminaire: Il y a deux articles qui se suivent, ne ratez pas notre recit du Nepal!
Suite a une forte demande d'origine maternelle, je me fends ici de quelques explications sur ce qui nous attend a compter de demain matin.
Depuis l'elaboration de ce voyage, nous avions prevu de faire un trek au Nepal. Seulement, quelques genereux sponsors nous ont permis d'elargir considerablement notre choix (Merci!!!) donc...
Donc, une fois n'est pas coutume, nous avons choisi un trek bien moins frequente et connu que les deux grands classiques que sont le tour des Annapurnas et le camp de base de l'Everest.
Nous avons decide d'entreprendre le tour du Manaslu... avec l'aide precieuse de Maryline et Guy qui ont des amis qui dirigent une agence de trekking, et avec de la chance car ce trek n'est organise qu'une ou deux fois par saison et que les dates correspondaient exactement a notre sejour au Nepal.
Qu'est-ce que le Manaslu?
Le Manaslu est l'un des 12 sommets de plus de 8000m, il culmine tres exactement a 8163m. C'est donc le 8eme sommet le plus haut du monde. Il se trouve au Nepal, a quelques kilometres seulement de la frontiere tibetaine. Il se situe juste a l'est de la chaine des Annapurnas, et juste a l'ouest de la chaine du Ganesh Himal.
La premiere ascension date de 1956 et a ete reussie par une equipe japonaise. En 2000, un francais a reussi l'exploit de grimper la face Nord en solitaire et sans oxygene.
Qu'est-ce que le tour du Manaslu?
Le tour du Manaslu est un trek de 19 jours qui penetre au coeur de regions sauvages et intactes du Nepal, dans le massif du Gurkha.
Nous traverserons des regions d'ethnies hindouistes d'abord dont les fameux gurkha jadis connus pour etre de farouches guerriers, puis des villages isoles peuples de tibetains.
Sur le plan technique, que tout le monde se rassure! Pas de difficultes techniques majeures, pas d'escalade, pas d'alpinisme evidemment, c'est de la marche uniquement.
Le point culminant du trek, c'est le passage du Larkya La, un col a 5100m d'altitude environ, bien sur precede d'une journee d'acclimatation a la haute montagne.
La particularite de ce trek et son interet a notre avis, c'est que contrairement au tour des Annapurnas et au camp de base de l'Everest ultra-frequentes, il n'y a pas de possibilite de faire etape le soir dans des villages et de dormir dans des "lodges".
Il faut bivouaquer tous les soirs, d'ou une logistique assez lourde.
En pratique nous serons un groupe de 14 personnes, compose de 4 trekkeurs (nous devions etre 7, c'est bien mieux comme ca!), nous et 2 canadiens, notre guide sherpa, un cuisinier et un aide-cuisinier, ainsi que 7 porteurs qui transporteront tout le materiel de camping et de cuisine, la nourriture pour 19 jours, le petrole pour le rechaud etc...
Le guide est evidemment tres experimente, le trace est stereotype, les secours sont prevus en cas de probleme (hein, les mamans!)
Nous sommes equipes pour le froid, la pluie, la chaleur, les sangsues, la diarrhee, les bobos, les problemes lies a l'altitude, bref tout est prevu dans des conditions de securite optimales, et pis d'abord on est quand meme medecins, non?!
Depuis quelques jours on est partages entre la hate de partir et des apprehensions essentielles liees a des problemes tels que: Est-ce que je vais reussir a me lever le matin?, est-ce que je vais pas trop puer des pieds?...
Quoi qu'il en soit, une chose est sure, c'est que nous allons decouvrir le vrai Nepal, celui des villages de montagne, celui des gorges encaissees, celui des rizieres en terrasses, mais surtout celui des plus hauts sommets du monde qui n'en finissent pas de susciter la fascination et l'humilite.
A bientot
Thib
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Publié à 09:45, le 29/09/2008, Katmandou Mots clefs : |
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Aie aie aie, la tache ardue!
Je decide de vous parler de KATHMANDU, du NEPAL...
Je vous avoue etre un peu desemparee devant mon clavier: tant de choses a vous dire, mais si peu de marge pour dire juste, pour decrire vrai, pour faire passer les reelles emotions. Comment ne pas mecontenter ceux qui connaissent, ne pas chiffoner les reves de ceux qui veulent venir, et surtout comment dessiner avec precision par les mots les tableaux qui nous emplissent les yeux a chaque instant?! Mystere!
C'est vrai que Kathmandu, NEPAL, en terme de capitales, ca parle quand meme beaucoup plus dans les esprits que Vientiane, LAOS! Sauf peut-etre a nos cheres mamies (coucou a elles), qui ont sagement appris les capitales de l'Indochine francaise sur les bancs de l'ecole! Du coup, j'aurais beaucoup aime savoir ce que chacun de vous attache comme representation a cet endroit. (Merci d'ailleurs a Maman L. d'avoir precede mon desir dans un de ses recents commentaires!).
Peu importe que vous soyez plutot "Patchouli-Pataugas" comme Renaud ou "Annapurna, premier 8000" comme M.Herzog, le Nepal semble convenir a toutes les passions!
Notre arrivee a K. (pour Kathmandu, of course!) a ete adoucie par l'accueil grand luxe que nous a reserve Maryline (que tous les fideles du blog connaissent a present!): notre mignonne petite chambre a nous, dans une grande et belle maison, sur une hauteur calme en peripherie immediate de K., une belle salle de bain immaculee qui sent bon le savon et les fleurs (ou plutot le savon aux fleurs, non?!)... bref, notre refuge est une oasis de calme dans la turbulente K.! De celle ci, le premier apercu fut une sorte de rallye avec pour pilote un chauffeur de taxi (ici, les taxis sont de minuscules Suzuki , blanches le plus souvent, avec un coffre a peine plus grand qu'un sac de voyage) resolument conforme a la norme ici: passion IMMODEREE pour le Klaxon, et a tres nette tendance suicidaire... a moins que ce ne soit la faute des autres pilotes, a moins que ce ne soit leur cas a tous... bref, freinages et frolages brutaux a prevoir!
Alors, oui, je sais qu'on vous en a deja parle en Indonesie, ou plus recemment en Inde, mais... ca marque toujours autant! (Ce doit etre lie aux roupies, le SEUL et UNIQUE point commun de ces trois pays!!) D'ailleurs, si la folie routiere est ici comparable a celle de Delhi, elle fait passer les conducteurs indonesiens pour des lords britanniques!
L'autre constat qui saute immediatement aux yeux, c'est la pauvrete qui transpire des faubourgs de K.
Nous longeons des bidonvilles, depassons des gamins pieds-nus et crasseux, croisons des hommes, des femmes vetus de haillons.
Notre premiere plongee "au coeur de K." attendra bien le lendemain, apres une bonne nuit de sommeil reparateur! Par GRANDE chance pour nous, le lendemain est un samedi: Maryline ne travaille pas et accepte de nous emmener dans quelques quartiers phares de K. sous pretexte de quelque course: quelle chance, d'etre accompagnes pour nos premiers pas dans cette folie!
K. est telle que vous l'imaginez... en dix fois plus coloree, rapide, mystique, belle, extravagante, et surtout en cent fois plus bruyante, car l'imagination omet souvent la bande-son!
Marcher dans une ru(elle) de K., c'est saturer en permanence tous nos sens (sauf peut-etre le gout!)... y compris celui de l'equilibre! Le sol est souvent boueux, et sinon, a la moindre averse, les rares portions pavees se transforment en patinoire pour nos tongs!
De plus, il faut en permanence prendre garde aux vehicules circulant, notamment les motos: pas de regle de preseance ici, la meme regle s'applique a tous les vehicules, pietons compris: le plus audacieux ou le plus impressionant passe en premier, d'ou la cacophonie permanente sur les grands axes et les stridents et imperieux coups d'avertisseurs qui resonnent a s'en fendre un tympan contre les hauts murs des tortueuses ruelles.
Tu apprends d'ailleurs vite fait que ce sont des avertisseurs au sens premier, et non a l'acceptation occidentale du terme qui est "Ouhou, je suis la et j'aimerais passer!": ici c'est "attention, je passe" (meme si ca doit rimer avec "et toi tu trepasses"!) conclusion, klaxon = tu te RANGES... meme si y a pas de place sur le cote, meme si y a un metre de boue, meme si tu dois te blottir contre dix personnes ou marcher sur l'etal d'un vendeur d'epices ou te jeter dans un caniveau putride, il vaut toujours mieux ca qu'un coup de guidon ou un pied ecrase!
Ce rythme fou, que l'on retrouve d'ailleurs chez les pietons aux demarches rapides et resolues nous impressionne beaucoup, et il est difficile de distinguer la part de ressenti occidental... de la part du contraste ahurissant que cela donne vis a vis du paisible Laos!
Dans la categorie nuisance sonore, a egalite avec les stridents klaxon en terme de desagreabilite (si ce n'est en terme d'intensite parfois!!)...les crachats. Oui, les crachats, mais pas des gentils petits crachouillis blancs et discrets que l'on peut produire, par exemple, si l'on avale par megarde un moucheron, noooooooon, des bon gros mollards bien gras et bien jaunes, qui font un bruit de sarbacane en sortant, precedes et c'est bien le pire, d'un enorme raclement de gorge tenebreux, guttural, graillou, bulleux meme, et suivi d'un volumineux splaaash, soit le bruit d'une bassine d'eau jetee du 5eme etage s'ecrasant au sol...! Charmant! D'autant que ces bruitages, vraiment degueux il faut bien le dire, vous envahissent les oreilles par surprise, ou que vous soyez, quoi que vous fassiez, en toutes circonstances! Par exemple, repas en amoureux sur un toit terrasse avec une vue imprenable sur un superbe temple de la vallee de Kathmandu, ou des le reveil le matin (on dort encore toutes fenetres ouvertes a cette saison!), ou encore, dans la rue, a 20cm de votre prude oreille occidentale...on se demande alors toujours ou le petit paquet va atterir... :( !
Le regard est egalement bien occupe. Beaucoup plus agreablement il faut le souligner! Le plus marquant pour moi... les COULEURS. Quel chatoiement! Aucun des pays d'Asie que nous avons traverses n'offre des couleurs si eclatantes, si vives, et surtout si vivantes! Ce sont les femmes qui colorent la ville (et les campagnes, comme nous le verrons par la suite!), par leurs habits vaporeux, tout en pudeur et transparence, legerete...: saris (piece de tissus unique de plusieurs metres de long dans lequel les femmes s'enroulent de la taille aux pieds, laissant un pan qu'elles rejetent negligemment sur leur epaule gauche. Elles portent un haut court qui laisse deviner le ventre a travers l'etoffe fine du pan de sari), echarpes qui flottent autour d'elles, kurta-sarwal (longue tunique portee sur un pantalon bouffant)... il n'y a qu'ici qu'il est permis ET ELEGANT de porter ensemble du rose fushia avec du vert pomme, du turquoise avec du rouge et des petites perles dorees... ou moult autres assortiments qui je suppose doivent suivre quelques regles insoupconnees, et certainement aussi une forme de mode!

Les tibetaines, qu'on croise egalement souvent ici, portent une robe-tablier sans manches sur une chemise a manches longues, et par dessus, un petit tablier carre tres "typique" compose de trois bandes de tissus verticales cousues entre elles. Ces trois bandes sont elles meme tisses a la main sur des tout petits metiers a tisser (env 15-20cm de large), avec un motif tres reconnaissable de bandes multicolores horizontales dont l'alternance fait reference, parait-il, au village/a la region d'origine. Maintenant, j'aimerais que chacun me dessine un tablier tibetain d'apres mes brumeuses descriptions... je crois que je serais surprise, mais bon, je fais ce que je peux!
L'habit masculin des nepalais est plus commun, souvent occidentalise, mais les hommes portent encore beaucoup le topi, un chapeau de la forme approximative d'un kepi, sans la visiere, fabrique avec des tissus a motif communs ici, plutot ternes compares aux couleurs portees haut par les femmes.
Et puis, bien sur, il faut regarder toutes ces choses nouvelles autour de nous, les rickshaw (triporteurs a energie renouvelable: la sueur humaine!) de cent ans d'age, dont l'avertisseur, sage, est souvent bricole dans une vieille bouteille de shampoing (pouic-pouic!), les echoppes incroyables, vendeurs d'epices multicolores et odorants, vendeurs de tissus, vendeurs de tout, dans des echoppes minuscules, de 4m carres et d'1m 50 sous plafond, le plus inquietant, il faut bien avouer que ce sont les boucheries, meme allure de minuscule et sombre boutique, sol en terre (rougie!), les morceaux de viande plus ou moins decoupes (parfois, les animaux sont encore identifiables...) disposes sur des plateaux metalliques poses eux-memes sur le sol, couverts de mouches... je redeviendrais peut-etre vegetarienne, moi, a habiter la!
Il y a les porteurs, aussi, toujours impresionnants: on croise regulierement des hommes (et des femmes parfois) tout chetifs et gringalets qui transportent des charges tout bonnement hallucinantes, le plus souvent au moyen d'une laniere frontale, cet exercice serait carrement impossible pour nous autres. Si souvent la charge est petite mais visiblement extremement lourde, parfois on observe un porteur charge de nombreux colis volumineux et plus legers, le plus gros chargement que j'aie vu devait faire environ 3 a 4 metres cubes...fou!
Dans la galerie des incroyables personnages que l'on croise ici, je citerais pour finir les sadous, hommes de foi hindouistes qui ont dedie leur vie, leur oeuvre, a la priere, la meditation pour le salut des autres. Ils ont renonce aux plaisirs communs et aux turpitudes de la vie du commun des mortels et vivent en ascetes, de la charite de leurs congeneres. On les croise souvent autour des lieux a connotation religieuse... et touristique, il faut bien le dire! Facilement reconnaissables, ils sont pauvrement vetus (souvent un simple pagne), leurs cheveux, leurs barbes, leurs ongles ne sont jamais coupes, et puis, surtout, ils ont le visage et le corps grimmes de vives couleurs, de peintures certainement symboliques a la signification encore inconnue de nous! Ils se promenent, viennent vers vous un doigt tendu vers votre front, un petit pot contenant une poudre de couleur vive, souvent jaune ou rouge dans l'autre main. Ils ne cherchent pas a vous crever un oeil, mais bien a vous en faire un troisieme, entre les deux autres! (En echange de quelques dizaines de roupies) Ce point colore au milieu du front est appele tika, c'est "le troisieme oeil" , celui de la clairvoyance, en quelque sorte.
Ils vous invitent aussi a les photographier, voire a poser avec eux... moyennant la aussi quelques billets! Au dela du role touristique, ces personnages hauts en couleurs, a l'allure mystique plus que carnavalesque, je tiens a le preciser, vivent vraiment pauvrement et sont un exemple de plus que ce pays mele allegrement tradition/religion et modernite/occidentalisation.
A la vue egalement sont offerts des architectures superbes, des facades vieilles de dizaines, voire de centaines d'annees, garnies de pieces de bois richement sculptees, portes, fenetres ouvragees meme sur les demeures les plus modestes; des temples, des autels, des stupas, dedies aux innombrables divinites hindoues (et a leurs innombrables incarnations, a chacun!), partout, a chaque coin de rue, couverts, souvent, d'une poudre rouge figurant le sang sacrificiel, caches par les offrandes (riz, fleurs...) incroyablement conserves, et aussi incroyablement integres a la vie quotidienne. A leurs abords, on entend souvent le son des cloches qui les entourent, que les croyants actionnent en deposant une offrande.
Quelle richesse! Je ne peux evidemment pas vous parler de tous les details, de toutes ces petites scenes de la rue, nombreuses et ephemeres qui traversent nos champs de vision respectifs, mais le depaysement est vraiment intense, c'est le plus etonnant depuis le debut du voyage pour ma part.
Nous nous sommes donc laisses emportes par ce tourbillon urbain pendant les trois premiers jours, partageant notre temps entre shopping dans le celebre quartier de Thamel, decouverte de la richesse patrimoniale, culturelle et humaine de la ville... et bien sur, aventures gastronomiques!
Thamel, c'est LE quartier des touristes par excellence, ou tout s'emmele (patchouli et Annapurna!): c'est la que l'on trouve la plus grande densite de guest-houses, de restaurants et de touristes (encore que nous ayons ete surpris de voir assez peu de monde compare a l'offre touristique), mais aussi et surtout, de magasins a touristes. Ce quartier est assez incroyable, les boutiques s'alternant de la facon suivante: une boutique de materiel de trek (regorgeant de fausses marques prestigieuses!), une boutique de "souvenirs nepalais": statuettes des divinites hindoues, fausses antiquites, faux pashminas, T-shirt fabriques a la demande avec motif esoterique de votre choix (on leur reconnaitra une incroyable dexterite a la machine, ils realisent les motifs les plus courants "a aiguille levee", enfin sans dessin prealable, quoi!), encens, tissus des 70's,
une boutique de materiel de trek .... bref, une quantite et une diversite assez incroyable d'objets, le paradis des depensiers!!
Nous avons surtout arpente les magasins "trek", comparant, marchandant: je ne sais pas si nous avions besoin de nous rassurer par des equipements, mais nous avons alourdis nos sacs deja charges de:
- 2 duvets en plume confort -20 degres (soit-disant!)
- 3 batons de marche (avec nos jambes, ca fait 7!)
- 2 bonnets, 2 paires de gants douillets (et dire qu'il y a 2 semaines, on ralait sur les chaleurs tropicales!)
- 1 pantalon-short de rando... et un pantalon en polaire (pour moi, evidemment!)
- 1 polaire double epaisseur (reversible, whaaa!) en plus!
- 2 genouilleres (j'ai des soucis croissants avec mes rotules!)
- un granc sac impermeable
- et enfin et surtout, 2 MATELAS autogonflants: apres avoir vu ceux fournis par l'organisation du trek, on s'est dit qu'une bonne nuit de sommeil etant surement la moitie de la reussite, un investissement de 16 euros chacun etait envisageable, meme si cette somme nous parait hallucinante a l'echelle de nos depenses habituelles des 3 derniers mois!
Cote patrimoine, nous avons visite en voisins la ville de Patan (collee sur Kathmandu, c'est la que nous habitons) et ses innombrables et superbes monuments, ruelles, passages, sculptures, dorures, bassins, puis nous avons fait une petite escapade de 4 jours dans la vallee de K., vers l'est. La ville de Bhaktapur nous a d'abord royalement recus, notamment avec son temple geant a cinq toits (le plus commun, c'est de 1 a 3), sur lequel nous avions une vue imprenable depuis notre chambre d'hotel (grace aux recommandations de Maryline aupres du charmant proprietaire de l'hotel!). Nous avons egalement profite d'un petit itineraire propose par notre guide de voyage, hors des sentiers battus de cette ville tres tres touristique: quelle chance de decouvrir la vie quotidienne des habitants, dans les ruelles tortueuses et les arriere-cours discretes!
C'est a Bhaktapur que la mousson nous a rejoints... on l'attendait plus celle-la, dis donc! Depuis le temps qu'on nous en parlait! Et puis, surtout, normalement, a cette saison, c'est quand meme la fin de la mousson, zut, quoi! Alors, du coup, on nous dit, "Ah, mais c'est une queue de mousson, ca va pas durer!" N'empeche, elle a interet a se calmer celle-la, parce qu'on l'entend pas de cette oreille, nous... je vais vous expliquer pourquoi, vous allez comprendre!
Voila, en fait, Thibault s'est fait gater par sa maman et par surprise pour son anniversaire: avec l'aide de l'infatigable Maryline, elle nous a fait reserver une super chambre dans un hotel resolument charmant, et surtout... perche sur une montagne isolee, dans le village de Nagarkot. Vu comme ca, ca a l'air sympa, non? Oh, eh bien, tout ce que je vous ai dit la n'a quasi aucun interet compare... a la vue superbe et grandiose sur les fameux sommets eternellement enneiges de l'Himalya, observables depuis le balcon de la chambre... ou meme depuis le lit!
Nous etions donc la, en route pour Nagarkot, desesperes par les chappes de brume et la fine pluie qui agacait notre patience. Arrivee dans la chambre rendue un peu morose par le spectable derriere les immenses baies vitrees: un uniforme blanc-brouillard! Et pourtant, cette chambre valait le detour! Vaste et haute de plafond, meublee de deux lits de 110 (qu'on a eu vite fait de rapprocher pour se faire une esplanade a dodo!!) garnis de moelleuses couettes en duvet, une table basse, deux fauteuils, quelques bougies, une grande et agreable salle de bains...et des petits savons aux plantes au delicat parfum... vraiment chouette!
Le soir, on s'est regales d'un gargantuesque diner de specialites nepalo-tibetaines avant de rejoindre notre chambre douillette pour une petite soiree bien au chaud. Le reveil regle a 5h20 (gloups!), nous avons dormi comme des bebes!
Et au reveil.... Waouw! La nuit avait chasse brumes, nuages et toute autre forme de maussaderie de nos esprits, et un panorama exceptionnel de pics enneiges s'etalait sous nos yeux endormis, s'allumant progressivement dans le soleil levant... vraiment une reussite, ce cadeau! Apres, on s'est quand meme recouches (mais juste un tout petit peu, hein!), sous nos fameuses couettes, mais avec les rideaux largement tires: on pouvait admirer le paysage depuis le lit, carrement chouette! Je passe sur le copieux petit dejeuner lui aussi offert ...
Nous avons profite du soleil revenu pour se fendre d'une petite rando qui nous a fait traverse de charmants et archaiques villages de paysans et des chouettes paysages: descente depuis Nagarkot dans la vallee, remontee sur un autre versant jusqu'a atteindre une crete que nous avons suivie pour atterrir au village de Changu Narayan, qui a vu se derouler une de nos grandes action d'eclat du voyage! Nos meres, s'il vous plait, ne lisez pas ce qui suit... bon, Ok, si vous lisez cela, c'est que vous ne pouvez vous empecher de continuer, alors, par pitie, ne nous reniez pas, vils menteurs que nous sommes!!)
Arrives au village sus-nomme, apres 4 heures de marche et une pause sandwich-famelique (ils sont pas forts en sandwichs, a notre hotel paradisiaque!), nous nous mimes en quete d'une hotellerie, puisque nous avions projete de faire etape a cet endroit. Pourquoi la? Parce qu'on avait assez marche (!), et qu'un temple magnifique requerait quelque attention, et que ce village perche offre de splendides points de vue sur Kathmandu, et sa vallee, dont Bhaktapur.
Un hotel, deux hotels...deux taudis! Et la on croise... un des employes de notre hotel sur la montagne (re!), on discute, il s'enquiert de notre ballade, et je lui demande si il connait un bon hotel ici: son pote, appelons-le X, nous repond, enthousiaste, qu'effectivement, il en connait un qui est TOUT NEUF, qui a ouvert la semaine derniere, de l'autre cote du village, dans un endroit degage avec une vue superbe, que nous serons surement les premiers clients, et qu'a ce titre, on risque d'avoir des tarifs avantageux!!
Waow, la belle aubaine, qu'on se dit! On se precipite a l'endroit indique, et effectivement, on descend par un escalier dont le beton est a peine sec vers un toit terrasse avec tables et chaises, vue absolument imprenable sur K. (et son aeroport!), au fond de la vallee. On cherche un peu le proprio, et soudain, deux gars sont la autour de nous, tres affaires, grand sourire et la voix qui tremble un peu d'emotion, ils nous font visiter tout l'hotel, nous sommes effectivement les premiers clients! Le prix des chambres est tres cher pour l'endroit de 1500 a 2500 roupies, annoncent-ils. (notre budget habituel, 500 a 800 roupies) Le seul probleme... c'est que les chambres sont une cata! Une vraie misere! Ils nous montrent les moins cheres, au rez de chaussee, la vue cachee par quelques arbres, ce sont... imaginez des caves humides et basses de plafond, vaguement repeintes, au sol, des tapis en paille, un lit dur, une minuscule salle de bain sans fenetre... devant notre moue, ils nous invitent a decouvrir les chambres "deluxe", a l'etage...
La seule convenable, la plus chere, est tres grande, tres lumineuse, vue superbe, par contre, l'interieur est loin d'etre a la hauteur du prix annonce: memes paillasses au sol qui est tres poussiereux, un carreau casse, deux petits lits de 90 qu'ils nous rapprochent illico, une etagere fort frele et poussiereuse...deux poubelles (un luxe!)! La salle de bain fait 15m carres, un minuscule lavabo, un WC, un pommeau de douche occupent chacun un mur, le tout vraiment crado et loin d'etre neuf. Et pas d'eau chaude.
Le souci, c'est que a peu pres satisfaits par la taille et la vue, on a dit oui pour la suite royale (en la negociant quand meme pour 1000 Roupies, soit 1500 d'economie!). Et on se retrouve comme deux idiots assis sur le bord de notre lit (a la literie bon marche mais neuve et pas lavee, ca c'est sur, elles sent encore l'odeur du plastique!) a detailler les charmes de notre palace! C'est surtout le rapport qualite-prix qui est extremement mauvais! On decouvre les moults et quelques araignees du plafond, un trou de la taille d'une main dans le mur exterieur, la crasse de la salle de bain qu'on avait pas vue... et on se dit qu'on est vraiment bien betes d'avoir dit oui a ce prix la! Mais que faire? C'est quand meme pas correct d'aller les voir et de leeur dire, bah non, finalement, on veut pas de votre taudis... hum! Ce serait moyen!
Du coup, on cogite, Thib deprime, et puis, je me dis, zut, c'est trop bete, on va pas rester la dans ce truc qui nous plait pas, il n'est que 15h, on a le temps de rejoindre un autre endroit d'interet avant la nuit... on se tire! Alors, et c'est la que c'est vraiment honteux, on s'est compose des mines inquietes et pressees, on a mis notre sac sur le dos et on s'est precipites dehors, notre portable a la batterie decedee depuis longtemps a la main... On a retrouve le gars et on lui a dit d'un air mi desole-mi inquiet...: "Nous sommes vraiment desoles, nous avons un probleme serieux, nous ne pouvons pas rester, nous devons rentrer ce soir a Kathmandu, nous avons recu un coup de fil d'un ami qui est la-bas et qui a un probleme, vraiment desoles..." et nous nous sommes enfuis comme deux ignobles petits menteurs, sous ses comprehensifs "Of course, of course, I'm sorry, byebye"... Nous sommes un peu honteux quand meme car ce petit gars etait tres gentil... mais a mon avis, il fera pas fortune avec cet hotel!
Nous revoila en chemin, on s'arrete tout de meme visiter ce fameux temple, qui se distingue surtout par des sculptures tres anciennes (6eme siecle environ) placees dans la cour d'un temple plus recent (17eme), reconstruit suite a un tremblement de terre. La visite vaut le detour, mais on ne peut s'empecher de surveiller que notre ex-hotelier n'apparaisse pas derriere nous...! Ah, c'est ca de pas avoir la conscience tranquille!
Ensuite, on repasse au village demander le plus court chemin pour rejoindre la vallee choisie, puisque notre guide indique un chemin coupant une riviere traversable a gue en saison seche uniquement. Et la, on retrouve l'ami X, qui nous avait indique le fameux hotel! Il nous informe que depuis la redaction de notre guide, un pont a ete construit, ce qui nous arrange beaucoup et nous evite un gros detour!
C'est donc a pied puis en bus local (tout un poeme!) qu'on rejoint notre destination: Bodnath, une ville elle aussi collee a K., celebre pour un majestueux stupa, lieu de culte des fervents boudhistes tibetains. D'ailleurs, on y rencontre enormement de tibetains, de moines boudhistes tibetains (a l'habit grenat-pourpre et non orange comme dans d'autres courants boudhistes), de boutiques d'objets tibetains (ou d'inspiration, tibetaine!) et de restos de specialites tibetaines. Qu'est-ce qu'un stupa?? Vous me feraz une redac sur le sujet, vous avez 19 jours, y'a pas de raison que je sois la seule a bosser!
On a trouve la un chouette hotel, d'un EXCELLENT rapport qualite-prix! On a aussi regarde les fideles tibetains tourner autour de l'immense stupa, dans le sens des aiguilles d'une montre, svp! Ce faisant, ils tiennent a la main des longs colliers de perles qui ressemblent a des chapelets, ou mettent en rotation les moulins a priere qui entourent le stupa (ce sont des cylindres metalliques joliment graves contenant des prieres inscrites sur des rouleaux de papier: faire tourner un moulin correspond a dire la priere qui y est inscrite.).
Et puis on s'est fait un resto bio-fusion sur un toit terrasse avec vue sur le majestueux stupa! Belle journee, si on exclue les insolentes et inquietantes douleurs musculaires et articulaires qui nous assaillent apres 4 pauvres heures de marche...
Le lendemain, dernier jour d'escapade, nous avons visite le proche site de Pashupatinath, un lieu de culte hindou, ce coup-ci, qui renferme quelques temples a flanc d'une verte colline, mais et surtout, qui est un haut lieu de cremation repute dans le monde hindouiste au-dela des frontieres nepalaises. Au pied de ladite colline coule une riviere sacree qui sert aux bains rituels accompagnant les cremations, et six sortes de box en plein air accueillent les cremations qui se succedent au cours de la journee, au vu de tous. Le site a une atmosphere etonnante, avec ses touristes occidentaux mais aussi hindous, avec ses Sadous, ses singes, ses processions colorees qui se rendent au bain rituel...et son odeur de barbecue aux poils grilles...!
Ce soir la, on est rentres chez Maryline bien fourbus, la tete pleine de souvenirs et d'emotions apres ces 4 jours d'escapade! C'etait samedi; hier, nous avons assiste au briefing "pre-trek" a l'agence, mais ceci est une autre histoire, non?!
Bisous a tous, Amandine
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Publié à 11:33, le 27/09/2008, Katmandou Mots clefs : |
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Il existe une theorie pseudo-scientifique qui dit que le chemin le plus court pour aller d'un point A a un point B serait la ligne droite, ou quelque chose comme ca. En tout cas, cette fois encore nous avons decide de ne pas tenir compte de cette theorie fumeuse et de tracer notre propre route.
Je vais donc vous raconter comment nous avons rallie Luang Prabang a Kathmandou, en 4 jours et 4 pays...
Il etait une fois... Luang Prabang, au matin du 16 septembre.
Notre nouvelle amie Virginie nous a gentiment emmenes a l'aeroport, qui consiste en une piste et 2 salles d'attente (trop) climatisees.
Nous sommes arrives avec plus de 3h d'avance puisque Lao Airlines est connue pour avoir la facheuse habitude de faire partir ses vols non pas en retard, mais en avance!
Nous sommes partis a l'heure et avons profite de la vue magnifique sur Luang Prabang au decollage, non sans un petit pincemement, apres 33 jours merveilleux au Laos.
De la, nous nous rendions (je vous le donne Emile...) a Chiang Mai, dans le nord de la Thailande, bien sur!
Nous avons donc passe l'apres-midi a mettre le blog a jour, a tenter de reconfirmer nos vols suivants par telephone, a se regaler d'un curry vert delicieusement epice, et a dormir dans une chambre pas chere un peu miteuse mais propre.
Meme si nous n'avons fait que passer, les thai nous ont fait une excellente impression, tous tres gentils et pleins d'humour, et indeniablement plus efficaces que les laos!
Donc le lendemain matin, un premier avion nous emmenait a l'aeroport de Singapour, notre "port d'attache", puisque la compagnie principale de notre billet "tour du monde" est la tres classe Singapour Airlines. Ce vol etait opere par Silk Air, la division regionale de Singapour Airlines. On n'a vole qu'1h30 mais on a quand meme eu droit a un bon repas...
L'aeroport de Singapour merite quand meme un petit commentaire.
Il est immense, ultra-moderne, d'une proprete maniaque, ultra-fonctionnel, et ultra-accueillant. En tant que passager en transit, nous avons eu le droit de profiter d'un certain nombre de services gratuits tels que internet gratuit sur des bornes que l'on trouve partout, jeux videos gratuits (mais on n'a pas teste), et dans un salon "lounge" design quasi desert, nous avions droit a des films a la demande, des sieges confortables, et des fauteuils massants! (ca, on a teste). Bref, la grande classe!
A noter qu'un site internet qui compare les meilleurs aeroports du monde pour dormir a elu l'aeroport de Singapour "Oreiller d'Or"!
On est quand meme partis en retard, juste le temps de reparer le moteur, ont-ils annonce! Effectivement, depuis la salle d'embarquement, on voyait plein de gens s'agiter autour du reacteur droit de l'avion... Mais les ingenieurs ont finalement "autorise le vol"!
Continuons donc cette balade, et nous voila repartis en fin d'apres-midi pour un vol de 5h vers... New Delhi!
A ce stade, je crois qu'une petite explication pratique s'impose.
Wissant, Pas-de-Calais, novembre 2007...
Lorsque nous avons decide de faire ce voyage, nos 2 destinations imperatives etaient le Laos et le Nepal, nous n'avons choisi les autres que parce que notre billet d'avion tour du monde nous permettait d'y passer.
C'est donc en toute logique que nous avons achete notre billet tour du monde avec une alliance de compagnies qui ne volaient ni au Laos, ni au Nepal!
Qu'a cela ne tienne! Pour le Laos, nous avons decide d'atterrir a Ho Chi Minh au Vietnam, de rentrer au Laos par le Sud, de le remonter tranquillement jusqu'au nord pendant un mois, de rejoindre Chiang Mai en Thailande avant de continuer le voyage. Pour le Nepal, on s'est dit qu'on n'avait qu'a atterrir a Delhi, rejoindre Kathmandou par voie de terre (ca a pas l'air loin sur une carte...) et le tour etait joue.
Seulement Delhi-Kathmandou, c'est pas si simple...! Il faut faire 20h de train de New Delhi a Gorakhpur, dans le nord de l'Inde, puis 3h de bus jusqu'a la frontiere nepalaise, changer de bus, et encore 10h de bus jusqu'a Kathmandou!! Fastoche!
Maintenant que vous etes completement informes, reprenons notre recit... Vous nous retrouvez dans le Singapour-Delhi du 17 septembre, nous regalant d'un curry d'agneau, preparant du mieux possible notre arrivee a Delhi, l'une des plus grandes villes du monde, surpeuplee, polluee, bruyante, parait-il.
Du mieux possible, ca signifie sans guide de voyage, sans billet de train reserve, avec au plus, quelques informations en tete glannees sur des forums internet...
L'arrivee est donc tout aussi violente que prevue, le contraste avec le Laos est saisissant, il y a des gens partout, on retrouve la folie du volant indonesienne, mais encore pire, et la pauvrete dans la rue...
On prend un taxi pour la gare, qui tente de nous faire faire un detour par une agence de voyage, et nous voila a la gare de New Delhi, immense, sale, en travaux, ou nous apprenons que la billetterie des etrangers se trouve a 2km!
Donc nouveau taxi vers cette soi-disant billetterie (nous n'avons jamais su si c'etait une agence de voyage) qui nous confirme ce que nous craignions: tous les trains sont pleins pour les 3 jours a venir!
Apres moults discussions, nous nous rabattons sur la seule solution possible, prendre l'avion direct le lendemain pour Kathmandou. A noter que ces avions sont generalement pris d'assaut plusieurs semaines a l'avance et que nous avons une chance enorme d'avoir un vol pour le lendemain... Nous nous inquietons maintenant de dormir a Delhi, nous demandons a notre interlocuteur de nous trouver un hotel pas cher, il nous propose 18 Dollars, le moins cher dit-il, une fortune pour l'Asie!
Nous irons donc chercher par nous-meme dans le quartier des guesthouses.
Nous retraversons en taxi quelques quartiers de Delhi dans un brouillard de pollution, un concert de klaxons ininterrompu, nous traversons d'immenses boulevards encombres de voitures, velos, motos, pietons, charrettes, et des rues etroites et boueuses bordees d'immeubles sales et de pancartes publicitaires defraichies, et partout une frenesie de vie urbaine, une misere presque palpable qui deborde sur la rue...
Apres des dedales de rues, nous voici donc confortablement installes dans une chambre avec clim, salle de bains, grand lit confortable, a 10 Dollars!
Il est 13h, nous allons manger dans une minuscule gargotte de rue, de delicieux nan (pain indien sans levain), a tremper dans une sauce bien epicee, et de retour a l'hotel, nous nous effondrons litteralement de fatigue. Une coupure de courant interrompt ma lecture et je m'endors aussi...
...............................................
Nous nous reveillons quelques heures plus tard, et nous nous risquons a nouveau dans la folie de la rue, nous pataugeons dans la boue pour aller manger de delicieuses specialites indiennes dans un petit resto proche. L'agitation a 22h est indescriptible, ca klaxonne, ca discute, ca vend, ca mange...
Une fois encore, le depaysement est total, il y a 24h, on mangeait tranquillement dans l'avion, il y a 48h, on degustait un curry vert a Chiang Mai, il y a 72h, on etait au Laos, Luang Prabang s'endormait paisiblement...
Apres une vraie bonne nuit de sommeil, une petite heure de taxi a travers les embouteillages matinaux de Delhi nous amene a l'aeroport avec 3h d'avance. Quelques mesaventures a Auckland et Djakarta nous ont appris qu'il fallait arriver le plus tot possible a l'aeroport, mais cette fois, il y a une autre raison: enregistrer les premiers pour avoir un hublot a gauche et esperer apercevoir le geant Himalaya...
Nous avons meme le temps de reconfirmer notre vol Delhi-Londres du 20 octobre sur Virgin Atlantic, desormais nous n'avons plus aucun pretexte pour ne pas rentrer!
Et c'est reparti, le vol est sans histoires puisque le ciel est completement bouche!
Nous sortons des nuages 1h plus tard et entamons une descente plus rapide que de coutume pour atterrir au milieu des montagnes, a Kathmandou!
Kathmandou, c'est pour nous tout un cortege de mythes et de representations. Kathmandou le paradis des hippies; Kathmandou, la ville ou le capitaine Haddock goute aux piments rouges pour la premiere fois, et d'ou Tintin partira au Tibet sauver Tchang; Kathmandou, la capitale de ce pays enigmatique qui abrite les plus hauts sommets du monde; enfin Kathmandou, ou mon tonton Guitou est alle chercher son bonheur...
Qu'allons-nous y trouver? Qu'allons-nous y vivre?
C'est ce que vous saurez en lisant le prochain article du blog, a paraitre... prochainement!
Thib
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Publié à 06:16, le 22/09/2008, Katmandou Mots clefs : |
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Ce jour la, un joyeux melange d'emotions m'etreignait, alors que j'etais assise dans un vrai-faux bus VIP, a regarder defiler de magnifiques paysages de montagne: j'etais en route pour ... LUANG PRABANG!!
Luang Prabang (LP ci-apres!), c'est une ville mythe. Ah, non, pas pour le commun des mortels, juste pour moi! Cette ville m'a vue naitre et grandir, pas au sens biographique du terme, non, voyons, prenez un peu de hauteur avec moi: LP a vu naitre et grandir l'amoureuse du Laos que je suis!
Un peu d'histoire... C'etait en l'an de felicite 2003, mes envies de voyage m'avaient poussee a demander un stage d'ete a l'etranger, mais au "vrai" etranger! Celui qui est loin, qui parle et ecrit bizarre, et qui est a plusieurs heures d'avion de M.Sarcozy et ses c...neries (c'etait pas encore lui, hein, en 2003!). Alors, dans la liste des pays proposes, la LAos m'a fait du gringue et j'ai cede, car je ne connaissais RIEN de ce charmant pays. J'avais donc passe un mois a l'hopital de Luang Prabang, vivant au rythme lao, prenant exemple sur mes voisins, mes collegues, les gens dans la rue... J'habitais VRAIMENT la, quelle merveilleuse experience de deposer un peu le costume du touriste et d'endosser celui d'habitant, qui a ses habitudes, qui salue ses voisins dans la rue, que les commercants reconnaissent, qui connait le prix des choses, qui sait ou trouver telle ou telle denree, qui frequente des locaux, qui fait avec eux des sorties le week end...
Tres modestement (il ne s'agit que d'un mois!), cela m'avait permis de decouvrir plus en profondeur cette culture si differente! Et depuis mon depart, je n'avais jamais cesse de penser que j'y retournerais un jour. Quand, comment,... avec qui? J'attendais qu'une occasion pointe son bout de nez! Et cinq ans plus tard, me voila dans ce bus, apprehendant, excitee, heureuse, roulant vers le nord!
Ah, dommage, on arrive de nuit, bah oui, VIP ou pas... Du coup, difficile de reconnaitre quoi que ce soit et ca me vexe un peu! En fait, il s'avere que je ne connaissais tout bonnement pas le quartier de la gare routiere sud! Nous nous faisons deposer en Tuk-Tuk dans une guesthouse reservee par telephone, qui s'avere etre correcte apres inspection (on a parfois des surpises!). Et puis nous voila lances dans les rues sombres de LP la mythique! Apres quelques hesitations (je connais mal le quartier de notre guesthouse!), nous voici enfin au coeur de LP, dans des rues battues et rebattues, au beau milieu de l'immanquable marche de nuit quotidien, ses lampions, ses innombrables marchandes de soieries, de cotonades "etniques" (surtout Hmongs), voire d'antiquites, et bien sur... ses stands de "bouffe de rue", bonne, saine et pas chere, comme au bon vieux temps mes braves gens!
Meme si lesdits stands de nourriture ont ete decales d'une rue, je trouve avec delice une vendeuse de soupe d'un type bien particulier et delicieux, qui ressemble bien fort a ma cantiniere attitree d'il y a 5 ans: on se regale d'un grand bol avant de faire un petit tour au marche...et de rentrer cuver notre longue journee de bus. Demain, grand programme: redecouverte de LP!
Le (grand) jour se leve, moi aussi, pas Thibault! Tant pis, il ne visitera pas l'hopital! On se donne rendez-vous un peu plus tard et me voila en route vers mon ancien lieu de travail, un peu anxieuse: vont-ils me remettre?? Comment vont-ils reagir? Contents, indifferents?! Sur le chemin, je m'achete comme au bon vieux temps un petit sachet de lait de soja chaud a siroter a la paille! Le service que je connaissais le mieux n'a pas change, meme place, meme proprete (douteuse!), et heureusement meme personnel! Les infirmieres me regardent d'abord interloquees, puis sourient, me reconnaissent soudain et ne savent plus mon nom, mais des que je le leur dis, ce sont les grandes effusions, et j'ai un grand chaud dans le coeur! L'une d'elle, du meme age que moi, celibataire et flirtant a l'epoque, est mariee et enceinte! Toutes veulent savoir si j'ai des enfants, si je suis mariee, comment va la vie quoi! Le tout dans une joyeuse cacophonie loa(++)anglo(+)francaise(+ou-)! Decidement, elles n'ont pas progresse en anglais depuis ma premiere visite! Ce qui me fait le plus plaisir, c'est quand deux d'entre elles me disent tres enthousiastes qu'elles ont toujours bien rangees chez elles les photos d'elles que je leur avais envoyees il y a 5 ans...
En revanche, la majeure partie de l'hopital a ete, comme prevu de longue date, transferee dans un hopital pompeux construit par les chinois assez loin en dehors de la ville. A la place, ils sont en train de construire un espece d'enorme et somptueux hotel au luxe indecent (plus de 1000$ la nuit, des amateurs?!), ironie topographique, non, apres avoir accueilli des annees durant de pauvres heres aux poches vides qui ne pouvaient pas meme parfois se payer un Doliprane...?
Dans la rubrique des grosses deceptions, les marches de LP ont ete defigures (a part le marche de nuit peut-etre, qui se defend bien!): Le marche de produits de la vie courante (hors produits frais), comme tissus, habits, produits d'hygiene, outils, electromenager, bijoux, ustensiles de cuisine ou les produits s'entassaient a en degringoler, ou l'on se faufilait dans un dedale de sombres et etroits passages, se heurtant a tout moment a des menageres, des gamins a ete relooke de facon insuportable: ils en ont fait une galerie commerciale a touristes, larges allees et belles vitrines...beurk! Fuyons! Le "vrai" marche est desormais loin du centre ville lui aussi...les laos devraient se mefier, ils sont en train de se faire expulser de leur centre-ville...
De meme. le marche Hmong ou les couturieres/brodeuses de cette ethnie s'installaient dans la journee a ete aseptise...et deserte par ses vendeuses!
Je rejoins ensuite mon Amoureux pour une petite visite guidee de mes "highlights" personels de LP, non sans retrouver en route mon amie Bouaphan la pharmacienne, et ma copine Bouala l'infirmiere (qui par chance est chez elle, en repos de garde!), toutes deux se rappelent parfaitement de moi, encore une fois, quelle joie! On passe aussi devant "mon" ancienne maison, et puis une petite soupe au bord du Mekong, ca fait pas de mal! Apres, autre grand moment, la visite de notre premier et ernier temple au Laos, le venerable et magnifique VatXiengTong! Apres ca, on avait bien merite un jus de fruits frais et une petite sieste, par cette chaleur!
La soiree, bah elle aussi, bien occupee! J'ai retrouve avec grand plaisir mon ami Sack et rencontre avec un plaisir tout aussi grand sa chere et tendre et leur adorable bout de chou de...9 mois et.. 26jours...ou a peu pres, son pere peut vous le dire en heure ou meme en secondes, si ca vous dit! Virginie est francaise, voici donc une nouveaute de plus: une compatriote qui vit au Laos: on va donc pendant ces quelques jours decouvrir les + et les - de la vie d'expat! Apres un delicieux barbec coreen, la soiree ne semble pas vouloir finir, et nous voila en train de siroter de capiteux alcools, enfonces dans les fauteuils... d'un bar a vin "lounge"!! Oui oui, au Laos! Ah, c'est bienm l'interet des voyages, hein, de voir et faire des choses variees! On se couche pompettes et ravis a minuit, waow! Bah et le couvre-feu, alors? (23h30 normalement!)
Le landemain, dure journee, lever 11h30, dejeuner, trainage dans LP separement, j'ai des choses secretes a faire! Puis notre nouvelle amie Virginie nous recupere pour un apero (prevu la veille!) ... de 14h a 18h! (ou l'on voit ce que Sack a retenu de son recent sejour en France!). Leur maison, dans un village a l'exterieur de LPcity est assez magnifique, une vieille maison Lao traditionnelle achetee a quelques dizaines de km de la, demontee et remontee sur leur terrain, modernisee, bichonee, tres bien arrangee, avec tout plein de bois partout, genre chaleureux et compagnie... ca laisse reveur, surtout qu'on a la chance de s'etre fait invite a y resider des notre prochain sejour, yesssssss!
Et puis finalement, notre famille franco-lao d'adoption nous a "obliges" a rester diner, evidemment, on s'en est pas plaints, voir les delicieux petits plats que Sack nous a mitones ( du boeuf, mes amis, cuisson parfaite, gout impeccable...mmmmh, un petit parfun d'occident quand meme, dis-donc!) et une chouette soiree entre amis: ca fait bizarre d'avoir une vie sociale, et on s'est repetes ca plusieurs fois au cours de ces quelques jours! Notre telephone sonnait, on se donnait des rendez-vous, on sortait diner, on envoyait des sms... on se rehabitue vite en fait! Vraiment marrant!
Le samedi, c'etait notre grand jour: COURS DE CUISINE traditionnelle lao, la ca rigole plus, on attend des cobayes a Lille (meme en costume de location, Laurent)! Rendez vous pris a 9h (tot!), pour un cours repute pour sa qualite, groupes de 8 maxi, visite du marche et compagnie.
Pour commencer, on arrive, bouh, il y a foule! Trois personnes se sont pointees ce matin sans avoir reserve, alors que 6 etaient deja prevues: 6 + 3 = 9, bien , il y en a un qui degage, c'est pas complique! Du coup, tandis que le prof explique a deux personnes venues ensemble qu'il va falloir revenir au prochain cours, le troisiemme intrus se ramene et dit " Oh, aller, 9 c'est presque comme 8, on peut bien y aller tous!"... mais ... QUI lui a demande son avis, a lui??! Du coup, le prof laisse beton et nous voila entasses a 9 stupides falang dans un TukTuk direction le marche... je HAIS, les TAT (=Trucs a Touristes!) C'est comme silloner le marche en visite guidee au milieu d'un groupe de gros anglophones, ca fait pas rever! Et pourtant... j'ai vite oublie ma grinchosite car la visite, malgre ses conditions, s'est revelee tres instructive, et nous avons pu poser toutes les questions qu'on se posait depuis longtemps a chaque visite de marche!
Apres s'etre rempli les yeux (et le nez!) d'herbes, de legumes aux formes et couleurs incroyables, de poissons aux yeux vitreux, de viandes sanguinolantes envahies de mouches, d'animaux plus ou moins vivants, de produits plus ou moins transformes, apres avoir aussi un peu patauge dans la gadoue (c'est un vrai marche, ne l'oublions pas!), nous voila repartis direction la cuisine, un petit abri surplombant la riviere NamKahn, tout a fait charmant comme endroit!
On apprend d'abord l'art ESSENTIEL de la cuisson du riz gluant, avant de se fabriquer une petite sauce bien bien relevee (phet, epicee) pour manger avec! Apres, viennent les choses serieuses! OrLam, un genre de ragout de boeuf avec moult legumes, herbes...et morceaux de bois! De la citronelle farcie au poulet, (oui, dans cet ordre) puis frite, des papillottes de poisson aux herbes cuites vapeur dans des feuilles de bananier (hyper facile a trouver en France!) et enfin le fameux Laap, un hachis de viande ou poisson, cuit ou cru, ou l'on trouve moitie viande, moitie herbes aromatiques, toutes plus odorantes les unes que les autres... tout ca on sait le faire, oui oui !! Et apres ca, on s'est fait un vrai festin, mmmmmmh!
Une petite soiree calme internet-averse-diner et flanage au marche etait bien meritee!! Surtout en prevision de la grande journee du landemain!
Reveil d'anniv pour Thibault, qui a recu une provision de bisous en avance sur tous ceux qu'il allait recevoir virtuellement dans la journee depuis notre chere patrie! Puis, demenagement impromptu, j'ai decide que mon Tilalou avait droit a une belle-jolie chambre dans un hotel coquet, avec lit immenses, draps...BLANCS, eh oui, TV sat (pour regarder TV5monde-Asie en francais, belle salle de bains immaculee, et bonne odeur! Rien qu'ca! Et une fois n'etant pas coutume, c'est quand meme un anniversaire, zut, on fait le transfert en Tuktuk, dis donc! Un autre jour, on aurait marche, avec nos gros sacs et dans la chaleur tropicale!
Petit dejeuner tout aussi inhabituel avec croissants, fruits, yahourts (perimes!)... et on s'offre une petite seance shopping a la fameuse galerie commerciale pas belle et pas lao: comme on s'est prevu un resto un peu class, on a envie de se trouver beaux pour y aller! Ensuite, hop, rdv pour une foe (soupe de nouilles) avec mon amie Bouala qu'on ne peut empecher de nous inviter!
La, c'est le moment ou on va etrenner notre nouvelle chambre, bien au frais dans nos boiseries! Chuuut!
Une petite seance de massage des pieds nous permet de passer agreablement cette fin d'apres-midi, on ressort ben detendus, tout prets a deguster un bon jus de fruits tout frais a l'aplomb du Mekong... qu'on est bien! En plus, tout le monde nous repete que LP est deserte, qu'on est en basse saison...le pied!
Juste le temps d'aller relever les voeux electroniques pour Tilalou, et on va vite se faire tout beaux tout frais! Alors?? Qu'est-ce qu'on est booooooooooo! C'est fou le bien que ca fait de mettre des habits nouveaux qui nous mettent un peu en valeur, une petite touche de parfum, reserve aux grandes occasions...

En sortant, on constate avec plaisir que par chance, c'est pleine lune....sooooo romantic! Nous avons decide de decouvrir le restau de l'ami Sack, qu'on nous a vante comme d'un excellent rapport qualite prix, mais comme c'est Sack et Virginie eux-memes qui nous l'ont dit, on se mefie un peu! 
Mais franchement, on avait tort de se mefier! Nous avons ete servis avec une classe rare, meme dans un resto francais (et parait-il tres difficile a obtenir avec des serveurs laos!) Une nourriture excellente, tres joliment presentee, un cadre romantique a souhait devant une large fenetre ouvrant sur une mare ou nous avons vu les nenuphars deployer leurs petales en 1heure... et vue sur la pleine lune! Un bon verre de vin francais et notre Tilalou etait conquis! Vive le BlueLagoon! Pour donner un cote aventureux a la soiree, on a ensuite decide d'escalader sous la lune les quelques volees de marches qui menent au sommet du mont Phousi, une colline qui trone au centre de LP et qui doit bien culminer a presque 100m! (?) A son sommet, un temple (on s'en serait doute!) et plein de sculptures de Boudha fantomatiques a cette heure-la!
Et puis, retour dans notre hotel de charme... et section censuree, il nous faut quand meme un peu d'intimite sur ce blog, flute a la fin!!!
Je crois que Thibault a aime son anniversaire.
Apres ca, tout est alle tres vite! Derniere journee a LP, bah le matin, on profite un peu de notre belle chambre (et on decide de rester une deuxieme nuit!!) Puis dejeuner avec Bouaphan dans l'arriere pharmacie, ce qui nous a permis de rencontrer son amie francaise Roselyne, "la soixantaine dynamique", comme on dit au 13h de TF1, et l'accent chantant du sud (quel plaisir!), qui nous a demarches pour, peut-etre, dans quelques annees, pourquoi pas.... Bref, elle est en train d'essayer de creer une association au Laos, affaire a suivre, contact a garder!
Apres quoi, Sack nous prete sa moto (et moi je "prie" (!)) pour qu'aucun policier zele ne soit sur notre route, puisqu'une loi interdit actuellement aux falang de louer des motos a LP! Et on rend visite a Virginie dans leur belle maison, pour un jus de fruit a l'ombre sur la terrasse, dans le soleil descendant, avec le petit Kenny qui babille et joue autour de nous, se met debout, lache les mains avec un equilibre parfait et fait vraiment mine de mettre un pied devant l'autre...avant de se laisser tomber sur le derriere, une valeur sure!!
Puis on decide d'aller diner en ville avec nos hotes, avec une petite visite au marche...tranquille... lorsque soudain, Sack nous appelle depuis le BlueLagoon: viendez donc manger une fondue chinoise avec moi, dit-il! (il ne peut quitter le restau mais a quand meme le droit de manger!) Et voila, pauvres petits malheureux que nous sommes, nous allons encore nous faire peter la panse, boire du vin, etre en bonne compagnie...et debourser zero centimes...
Je tiens a remercier sur ce blog la famille Sengta (Sack, virginie et Kenny) qui nous ont accueillis et nourris comme des rois durant la moitie de notre sejour, et qui se sont tout bien occupes de nous! Jusqu'a nous accompagner a l'aeroport ce matin meme!
Et nous voila de nouveau sur les routes (aeriennes, ferroviaires...), nos gros sacs pesent a present... 16.6 Kg chacun... J'ai du mal a quitter le Laos, j'ai l'impression d'etre arrivee hier, mais... a nous le Nepal, dans de nombreuses heures de transport!!
Bisous, Am
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Publié à 11:56, le 16/09/2008, Chiang Mai Mots clefs : |
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